Une étoile parmi la nuit

Baptiste Jarrand

             Il est 5h30 du matin, il fait chaud. Je ne dors pas alors que soleil va bientôt se lever. Les draps blancs et fins caressent ma peau nue, ça me fait frissonner, mais pas des mêmes frissons que quand c’étaient tes mains à la place de ces draps. Moins d'intensité, moins de passion, moins de vie. Mais tu n'es plus là, tu es parti il n'y a pas si longtemps, quelques minutes. Quelques heures. Quelques années, peut-être, j' perdu la notion du temps dans tes bras. Durant cette nuit. On a tout oublié jusqu'à nos noms. Il n'y avait plus de toi ni de moi. Seulement deux êtres qui se mouvaient dans une danse sans fin, ni même de commencement mais dont tu étais le meneur. Tu connaissais le jeu, plus que moi. Peut-être que ça faisait partie de ton charme. Les réminiscences de ce que j'ai ressenti prennent le pas sur les souvenirs de cette nuit, les sensations que tu m'as laissées dans cette danse rapide et lente, immobile et mouvante où nos corps se touchaient, se fuyaient entre attraction et répulsion. Tes mains me caressent encore la peau, le visage, je les sens encore au creux de mes reins. Elles sont restées collées sur mon torse. Tes lèvres effleurent encore les miennes ; tes baisers, qui m’ont laissé leur marque comme pour me prouver que tu étais réel, restent imprimé sur ma peau qui frissonne encore de ta présence. Je ressens nos souffles qui se mélangeaient, qui s’accentuaient au rythme de notre duo. Je vois encore ton visage. Et puis tes yeux qui me fixent encore, dans lesquels on se perd. Et puis tes bras qui m’enlacent encore. Et puis ta voix qui envoûte. Et puis tes mots qui glissent sur moi, qui m'ensorcellent, me font tien. Et puis tout s’est fini. Ne reste que ton absence. Tu es parti sans un bruit, sans un souffle. Le jour se lève, il a chassé la nuit et les étoiles. Les rayons du soleil passent à travers la lucarne comme pour me prévenir que c’est définitivement fini. Tu n’étais que de passage, tu n’es resté que le temps d’une nuit comme ces étoiles que je ne vois plus maintenant. Les étoiles dans lesquelles tu me racontais te perdre pour essayer de trouver un sens à ta vie. Tu m’as dit au début : “Toi tu es du genre à t’amouracher de la lune alors que tu n’es qu’une étoile”. Et tu avais raison, mais tu avais tort aussi. Car cette nuit l'étoile c’était toi, mon étoile que je suivais pour ne pas me perdre dans cette obscurité. Mais je n’étais pas destiné à être ta lune. Alors tu es parti, et sans toi je continue à me perdre dans cette nuit sans fin.