Anonymat

Matine

Que reste-t-il, quand le visage a disparu ? Regard sans espérance, ombre sans nom. Libre est cette ombre car « la liberté commence dans l’absence de visage ». Que reste-t-il quand plus aucun sourire ni aucune larme ne peut atteindre mon âme ? Elle est en suspens ; elle n’a plus peur ; elle rit d’un rire ardent, rire sans pudeur qui ne s’adresse à personne et n’attend rien puisqu’il est là – pour rien. Que reste-t-il, quand on n’a plus de terre, quand on n’a plus de mère ; tourné vers l’extérieur mais déraciné et arraché à toute promesse à toute tendresse à toute tristesse à toute ivresse ; je ne suis coupable de rien. La grande dégringolade ; pourtant, je plane au-dessus de l’abîme, je ne suis plus responsable. Je veux entrer dans un long sommeil, un sommeil que l’on redoute, sommeil de l’éternité, le sommeil des nuits du grand règne de l’absence ; sommeil de veillée ; heure de solitude. Je ne tremble plus. Je n’a plus rien à craindre. Je joue à cache-cache.

 

Que reste-t-il ?

Qui est Matine ?

"... (n'a pas répondu après relance, c'est Mathilde Proy) ..."