Grotesque Turlupinade

Thalie N'Core

       Tous ces leurres. Ces douleurs. Roulée. Et ce n’est pas qu’un songe qui me ronge. Ça trotte dans ma tête et coupe toutes mes pensées. Mon appétit aussi. Et je perds tout. Mes formes. Mes qualités. Même mon sommeil. Lessivée. J’ai vidé mon corps de ses larmes, asséché de son essence. Perdu mon sourire et le goût de rire, mon innocence. Fanée. Plus le goût de rien faire. Plus la force, plus rien. C’est quoi déjà la saveur du bonheur? Va pas trop loin! Je suis là, moi. Enfin je crois. Et cette foutue identité, où elle est passée? C’est pas le moment de t’effacer... Ne jouez pas à cache-cache avec moi s’il-vous-plaît, tout le monde. Personne. Je suis encore plus fragile que j’en ai l’air. Mais je ne suis pas un ange non plus. 

 

       Mystêtre et boule à facettes…une t’interpelle, l’autre étincelle, t’enjôle, te berne et te suborne. Et t’indiffère? L’être repose sur sa perception disparate. Gratte, et braque! Avec un peu de chance, c’est pas nul si découvert. C’est comme au cinéma, l’éclatement moderne spatio-temporel. La temporalité alitée. Ou la Nat-alitée... Il n’y a pas qu’un seul point de vue, mais quantités de côtés à explorer. Foisonnement de fragments. Révèle-les. Je suis un cube. Ou le violon du cubi. Ubiquité. Cuitée? Raté. Apprends à me voir. Ne me cherche pas, réfléchis plus loin qu’une image-miroir. Ne fais pas les choses à moitié, comme regarder sans écouter, effleurer sans pénétrer. N’appréhende sans entreprendre de comprendre.

 

      Apprends à lire entre les lignes, embrasse-moi, ne sois pas vert de prose. Et je sais, t’arrives pas à te projeter, t’as envie de décrocher, ça te fait royalement chier. Ça change d’interlocuteur, de toi comme de moi. Me lire c’est comme me lécher, si ça te débectes vaut mieux recracher. Mais j’écris pour écrire, et pas pour les petits Lu. La frigidité, c’est pas inné, ça se savoure comme un thé. Alors bois…ma verve vaine, généreusement égoïste. Oui, je joue avec le feu. Ça bouillonne... de culture, de cul et de confiture dans le ciboulot. Je lutte contre mes maux avec mes mémos et la mimolette, l’amie Colette, ma mémoire. De la mie à mi-mots lestes. Du pipeau? C'est ballot. Peut-être qu’occuper mes idées à les trifouiller me donne l’illusion que ce ne sont plus elles qui me triturent comme de la friture de triton. Translation sujettale. Et palilalie, et chipolata.

 

       J’aime pas me dévoiler. Me sentir découverte. Mise à nu. Par la mariée ou ses célibataires même? Critique. J’ai peur de cr...oser. Fais-voir toi, si t’arrives à le montrer? Et non, il s’en est phallus de peu mais je ne te ferai pas de massage couillal. C’est dur à gérer la position d’objet, connard. Troublant comme sensation. Être à cheval sur du vide. C’est rare? Ça s’écrase aussi facilement, toi? Ce tremplin, c’est du néant. Le pire, c’est de le sentir. Et sombrer. Se voir se noyer, ne rien pouvoir y faire. À demi-morte.


 

       Petit crabe. Je me cache sous ma carapace, mais pendant que tu tentes de la percer, tu penses à te protéger? Je biaise je sais. Bizarre? Lésée. Je suis naïve mais pas niaise, c’est toi qui essaie de me baiser. Que me veux-tu, vautour? Recule, je jugule…et je crache. Jubile, je t’en laisse. Mais je décèle tes faiblesses et recèle mes mollesses…hardiesse. Ça t’agace? C’est un indice. Seul le souvenir est vivace et laisse des traces. Mais moi aussi ça me tracasse, et c’est tenace. Saleté de plaie. Mobile, elle se déploie en moi et commence à s’y plaire la connasse. Ça c’est sûr elle perdure, cette blessure.